Lecture 1ère partie

Le réveil des femmes

Article de Nicole M.

Magazine EMERGENCE (F), jan-fév.2001

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La femme porte dans son psychisme une part féminine et une part masculine

La psychologie occidentale de ce siècle a bénéficié, grâce à Jung, d’une grande découverte faite par les traditions orientales il y a quelques 5'000 ans :
" Tout être humain, homme ou femme, porte en lui une part de féminin et une part de masculin ".
Ces deux aspects ensemble font de nous l’être que nous sommes.

Lorsque je demande aux femmes et aux hommes, qui participent à mes stages, ce que représentent pour eux féminin et masculin, voici ce que j’entends :

Le féminin est fluide, c’est l’émotion, le ressenti, le sensuel, l’être, le relationnel. L’énergie féminine est semblable à un magma sans contour, infini, mystérieux. Le féminin est réceptivité, mais aussi don de soi, spontanéité, intuition, instinct, subjectivité. C’est la terre, le corps. C’est la nuit, la lune. Le féminin recherche comme valeur ultime l’amour, l’union.

Le masculin est l’axe, la direction, la mission, la vision. C’est aussi la réflexion, l’analyse, la synthèse, la prise de décision, l’initiative, l’action, le cadre, la conceptualisation, l’objectivité. Le masculin est la combativité, l’affirmation. C’est le ciel, le monde de la pensée. C’est la lumière, le soleil. Le masculin recherche comme valeur ultime la libération, la vérité.


Contexte social

Le monde dans lequel nous vivons est régi par des valeurs masculines telles que combat, défi, but et logique. A côté de cela, nous vivons des déserts affectifs et émotionnels.

Pendant des siècles, les valeurs féminines ont été réprimées et continuent de l’être dans la majorité des peuples de cette Terre. C’est un peu comme si une peur profonde du féminin, de son irrationalité, son émotivité et son mystère, avait envahi cette planète.

Pour beaucoup d’hommes, le monde du féminin est attirant, fascinant, autant qu’inquiétant ; il craignent de s’y perdent. Ils redoutent d’être contrôlés ou engloutis par le féminin incarné par la femme, la mère, .…. Ils ont appris à nier le féminin autour d’eux et en eux.. " Un vrai homme ne pleure pas, il ne montre pas ses sentiments, il ne ressemble surtout pas à une femme ".


Glorification des principes masculins par les femmes

Avec les mouvements féministes du 20ème siècle, les femmes ont exprimé et revendiqué leur propre partie masculine. Elles ont démontré qu’elles sont capables d’être indépendantes financièrement, d’avoir une profession, de mener des projets, d’être intelligentes, responsables ; bref, qu’elles sont les égales de l’homme.
Elles ont réveillé et profondément bouleversé les consciences et ont utilisé pour cela des moyens masculins : affirmation, combativité et détermination.


Le féminin oublié

Force est cependant de constater que parallèlement à cette prise de conscience, beaucoup de femmes ont étouffé et dominé en elle leur partie féminine. Elles sont devenues compétentes, efficaces, battantes, combattantes, célibattantes…
Le fossé qui les sépare du monde du féminin s’est creusé. Les femmes elles-mêmes ont fini par croire avec les hommes, souvent inconsciemment, que féminin rime avec inutile, passif, trop émotif, et sans valeur.

Mais où en sommes-nous donc avec notre vulnérabilité, notre capacité de lâcher-prise, d’exposer nos émotions, de sentir, recevoir, de vivre l’intimité à laquelle nous aspirons ?

En fait, il y a plus grave que l’attitude des hommes à nier le féminin :
c’est la peur et l’oubli de leur propre féminin par les femmes elles-mêmes!