Lecture 2e partie

Le réveil des femmes

Article de Nicole M.

Magazine EMERGENCE (F), jan-fév.2001

1ère page

2e page

 

 

Articles
Liens
Qui suis-je en tant que femme " féminine " ?

Dans le travail que font les femmes sur elles-mêmes, dans mes stages, je suis toujours fascinée par le trouble qu’elles ressentent en réalisant à quel point elles ont délaissé leur féminin. Ce trouble s’accompagne souvent d’une grande tristesse.

Qui suis-je dans mon essence féminine ? Quelles sont mes envies, mes aspirations profondes ? Comment est-ce que je nourris mon besoin d’intimité vraie? Quelle place est-ce que je donne à mes ressentis ? A quel point suis-je prête à lâcher-prise et à accueillir ?

Les réponse sont si évasives qu’elles nous placent face à un gouffre de désarroi.

Risquer l’inconnu : le voyage qui mène de l’imitation à l’essence féminine

Les " leçons de féminin " que nous avons reçues se limitent généralement à des représentations glanées dans les médias ou dans les yeux et les fantasmes des hommes. Mais très souvent, il ne s’agit-là que d’idées et de repères extérieurs et nous tendons à devenir des imitations. Alors où donc chercher ?

Laisser émerger notre essence féminine implique un risque : le risque de rencontrer la vulnérabilité, de faire face à la peur de l’inconnu (que se passera-t-il si je lâche le contrôle ?), à la peur de blessures qui pourraient resurgir. Mais c’est une couche qu’il est nécessaire de traverser, dans un contexte approprié, pour retrouver la source. Quel délice alors de laisser émerger du fond de soi ce qui " est ", sans fard et sans concession. ! Cette démarche est la porte de notre vraie féminité, notre sensualité, notre plénitude, notre spontanéité ; elle ouvre à l’intimité vraie avec soi et avec l’autre.

L’homme intérieur est le garant d’un espace sécurisant où le féminin s’épanouit en confiance.

Si une femme peut compter sur sa capacité de se lever, d’entreprendre, d’agir, de s’affirmer et de décider lorsque c’est le moment, alors elle pourra aussi se faire confiance pour lâcher-prise, s’ouvrir et recevoir, se fondre dans le " sans limite " du féminin. Car son " homme intérieur " veille sur elle.

Dans les stages que j’anime, je rencontre des femmes qui ont vécu fortement leur part masculine au point d’en être dominées. J’observe que dans leur quête de l’essence féminine, elles tendent alors à vouloir rejeter totalement ce masculin. Mais elles se coupent alors des qualités positives d’affirmation, protection, solidité et direction. S’ouvrir totalement au féminin sans avoir une part masculine qui veille peut être dangereux. Nous pourrions nous y noyer ! (hyperémotivité, ouverture sans discernement menant à des blessures inutiles…)


Aménager dans sa vie des espaces de féminin

Les femmes épanouissent leur masculin dans leur profession, dans les responsabilités familiales ou dans certaines activités de loisirs. A côté de cela, il est nécessaire qu’elles s’accordent des moments de ressourcement où elles se laissent couler dans le moment présent ; des temps où elles sentent et écoutent leur corps, expriment leur sentiments, nourrissent leur besoin d’intimité. C’est de là que leur essence féminine peut réellement émerger et rayonner.

Lorsqu’une femme ne vit que son masculin, sans soigner son féminin, elle risque de devenir dominatrice, castratrice, jugeante, ou critique envers son entourage et envers elle-même.

Tout est question d’équilibre : des moments de pur masculin, des moments de pur féminin, et la souplesse de passer de l’un à l’autre sans jugement !

Les cercles de femmes :

C’est entre femmes que l’on peut le plus facilement créer l’espace de confiance et de soutien nécessaires pour pénétrer les méandres du féminin oublié. C’est l’une de l’autre que l’on peut réapprendre et redécouvrir ces espaces où l’on laisse émerger les choses plutôt que de les forcer. C’est le lieu où l’on goûte à ce qui jaillit : larmes, rires, doutes, jeu, … Il n’y a plus nulle part où aller, ni aucun but à atteindre …juste être avec ce qui est.

C’est entre femmes que nous pouvons le mieux accueillir et soigner les blessures liées au déni du féminin par le masculin, car nous partageons les mêmes difficultés, les mêmes besoins et perceptions. Et nous sommes capables d’empathie et d’écoute.
Attendre cela des hommes uniquement nous mènerait à plus de frustration, de ressentiment et d’amertume ; alors qu’un travail de guérison entre nous permet de développer des relations plus saines avec eux.

Et les hommes dans tout ça ?

Dans les stages, lorsque les femmes se retrouvent seules entre elles, certaines en sont effrayées ou dérangées, d’autres se sentent soulagées et d’autres encore sont pleines de curiosité. Mais toujours, après un temps de retrouvailles, l’alchimie féminine se produit…Et le plaisir de retrouver ensuite les hommes n’en est que plus délicieux !


Oui, les femmes se réveillent, elles s’éveillent, et ….. s’émerveillent …. !